À noter : Cette section présente un texte historique sur la paroisse de Sainte-Rita, ses origines, son développement et l’histoire de sa patronne.
Aperçu historique
L’histoire de Sainte-Rita s’inscrit dans le développement du Canton Raudot, marqué par la colonisation, les premiers établissements, les activités forestières et agricoles, ainsi que par une forte relation avec le territoire naturel.
La paroisse
Le récit retrace les débuts de la colonisation, l’établissement des premières familles, l’apparition des commerces et services, ainsi que les événements qui ont façonné la communauté.
La patronne
Une seconde partie présente l’histoire de Sainte Rita, patronne des causes perdues et désespérées, dont la vie est associée au courage, à la persévérance et à la foi.
Historique de la paroisse de Sainte-Rita
Voici le récit historique de la paroisse, depuis les voies de passage de la Nouvelle-France jusqu’à la constitution officielle de la municipalité.
D’aussi loin que l’on retrouve des informations sur notre paroisse, l’activité commence avec les débuts de la Nouvelle-France. Par ses nombreux lacs et rivières, les autorités gouvernementales cherchaient à établir des liens plus rapides avec la France via l’Acadie. Du fleuve Saint-Laurent au fleuve Saint-Jean, il existait deux voies navigables avec « portages » utilisés régulièrement1.
Ces deux voies d’eau encadrent littéralement le Canton Raudot, siège de la paroisse de Sainte-Rita, comté de Rivière-du-Loup. On peut ici supposer que des vestiges se retrouvent enfouis tout au long de ces voies navigables où les portages étaient nécessaires entre les cours d’eau. Des recherches archéologiques intéressantes, n’est-ce pas?
Depuis son ouverture officielle à la colonisation en 1859, le Canton Raudot, nommé en mémoire de Jacques Raudot et de son fils Denis Raudot, intendants de la Nouvelle-France entre 1705 et 1711, présente des signes de développement concrets dès 1874 par la réalisation des premiers abattis. Suivra l’établissement du premier colon en 1880 : Monsieur Eugène Dionne. En 1899, on y retrouve neuf familles résidentes.
Bientôt, d’autres les suivent et on voit apparaître le premier moulin à scie dès 1900, avec Monsieur Joseph Beaulieu, un bureau de poste vers 1920, la chapelle-école en 1924, une forge en 1930 avec Monsieur Gabelus Lévesque, l’église actuelle et une beurrerie en 1937, une cordonnerie en 1936 avec Monsieur Conrad Gauvin, un atelier de menuiserie en 1938 avec Monsieur Joseph Pelletier, un magasin coopératif en 1942, et bien d’autres. Malheureusement, la plupart de ces commerces ont été détruits par le feu, démolis ou ont changé de vocation.
Depuis son ouverture à la colonisation, la terre ritoise, porteuse de grandes richesses naturelles, permet à ses habitants de bien gagner leur vie. Des premiers abattis aux terres cultivables, des terres de roches aux terres reboisées, ils savent en tirer la meilleure partie. Aujourd’hui, les principales activités sont axées sur l’acériculture, l’agriculture, la sylviculture, la chasse, la pêche et le tourisme. Le Festival de l’Érable est une activité annuelle qui attire de plus en plus de gens.
Il ne faut plus s’étonner que le choix d’une sainte ait été très inspiré pour notre paroisse. Patronne des causes perdues et désespérées, Sainte Rita2, par sa vie particulièrement difficile, a su redonner courage et persévérance à ceux et celles qui l’invoquaient dans les moments pénibles.
Il est important de souligner que des événements marquants ont laissé des cicatrices profondes, telles que la grippe espagnole de 1917-1918, avec cinq victimes locales; les trois feux majeurs qui ont détruit des maisons, des étables, des animaux et de nombreux hectares de forêt en 1922, 1924 et 1935; ainsi que des accidents et feux tragiques qui ont décimé des familles.
C’est le 15 mars 1924 que Monseigneur Joseph-Romuald Léonard, évêque du diocèse de Rimouski, la nommait officiellement par la désignation du décret canonique. Du même coup, on délaisse le terme Labyrinthe, que l’on utilisait souvent pour parler de cette nouvelle « mission » accessible par des sentiers très sinueux, et on mit de côté le nom de mission de Sainte-Philomène de Raudot, nom utilisé dans diverses correspondances, dont une en février 19233.
La population actuelle de 350 habitants se voit augmenter de quelques « jeunes retraités » qui reviennent dans leur paroisse natale. La recherche d’un milieu naturel sain, avec des paysages magnifiques, ses trentaines de lacs et de cours d’eau, reflète bien la nouvelle tendance d’aujourd’hui : vivre en harmonie avec la nature et en paix avec son milieu.
D’où la devise des armoiries adoptée en 1988 : « Terre de richesse et d’accueil ».
La constitution officielle de la municipalité par le gouvernement se déroula le 1er janvier 1948. La municipalité fêtait donc son soixantième anniversaire en 2008.
Histoire de la patronne : Sainte Rita
Sainte Rita est associée à une histoire marquée par les épreuves, la persévérance et la dévotion. Elle est particulièrement invoquée dans les cas désespérés.
Antonio Mancini et son épouse Amata Ferri sont les heureux parents de Marguerita, née en 1381, à Roccaporena, province d’Ombrie en Italie. On peut dire que leurs prières ont été exaucées, car Mme Amata a déjà une soixantaine d’années à la naissance de ce bébé, leur fille unique.
Les Mancini travaillent dur pour subvenir aux besoins quotidiens de la petite famille. Un jour, alors qu’ils peinent aux champs, ils entendent des cris provenant de l’endroit où ils avaient déposé le berceau du bébé à l’ombre d’un grand arbre. C’est une autre ouvrière qui, passant par là, remarque que le bébé est entouré d’abeilles. Elles voltigent autour du berceau et entrent même dans la bouche de Rita sans lui faire aucun mal. C’est un premier miracle. Plus tard, un essaim d’abeilles suivra Rita jusqu’à son entrée au couvent.
À un très jeune âge, Rita supplia ses parents de lui permettre d’entrer au couvent; au lieu d’accepter, ceux-ci arrangèrent un mariage pour elle. En effet, avancés en âge, ils veulent le bonheur de leur fille et trouvent pour elle un mari, un jeune homme de la région.
Pour obéir à ses parents, Rita accepte. Elle devient une bonne épouse et mère, mais son mari la maltraite souvent dans ses moments de colère. Ses enfants, deux garçons, sont malheureusement influencés par la mauvaise conduite de leur père. Rita essaie tout de même de remplir fidèlement ses devoirs familiaux et de prier souvent.
Grâce à ses prières, son mari finit par se repentir et change de vie. Mais ses anciens compagnons de rixe, constatant cette transformation, décident de l’éliminer, craignant d’être dénoncés pour leurs nombreux méfaits. Peu de temps après ce meurtre, les deux fils souhaitent venger leur père. Par des prières incessantes, Rita demande à Dieu qu’Il intervienne avant que ses fils ne commettent l’irréparable. En un an, ils tombent gravement malades, chacun leur tour, et décèdent dans la vingtaine.
Rita se retrouve seule au monde. Son désir d’entrer au couvent refait surface, mais en raison de son âge — elle est à la fin trentaine — on la refuse partout. Elle se confie à Dieu et, par ses prières, elle finit par être acceptée par les sœurs Augustines. Son entrée se fait de nuit, alors que les immenses portes sont verrouillées et cadenassées. C’est au matin que les sœurs découvrent la présence de Rita. Leur étonnement fait place à un accueil particulier. En effet, seule une intervention divine pouvait réaliser un tel exploit.
Malgré cela, sa vie n’a pas été de tout repos au couvent. On veut la mettre à l’épreuve et connaître son niveau d’obéissance. La supérieure lui demande d’arroser quotidiennement une vieille branche de vigne, toute séchée. Les autres jeunes religieuses commencent à se moquer de « cette vieille » sœur Rita en la voyant régulièrement arroser cette branche morte. Après quelques mois de ce rituel, elles sont stupéfaites de constater que la branche reverdit et donnera des fruits à la saison. Cette vigne est toujours productive malgré les années.
Sœur Rita avait une grande dévotion pour la Passion du Christ. Un jour, elle dit : « Je Vous en prie, laissez-moi souffrir comme Vous, divin sauveur. » Pendant une extase, une des épines du crucifix devant lequel elle priait la frappa au front. Elle laissa une blessure profonde qui ne guérit jamais et qui la fit souffrir jusqu’à sa mort, le 22 mai 1457, à l’âge de 76 ans. À cet instant, une lumière merveilleuse inonda sa cellule, une odeur de rose se répandit dans le couvent et les cloches se mirent à sonner toutes seules.
Elle fut proclamée bienheureuse en 1737 et canonisée le 24 mai 1900 par le pape Léon XIII. Aujourd’hui, la dévotion pour notre patronne est universelle et ses grâces sont innombrables. On retrouve de nombreux ouvrages publiés régulièrement et plus de 1500 sites Internet. Elle est invoquée surtout dans les cas désespérés. Son corps, miraculeusement conservé, repose dans son sanctuaire de Cascia, en Italie.
Notes et sources
Les notes suivantes accompagnent le texte historique présenté ci-dessus.
Voies de passage
1. Le premier passage partait du fleuve Saint-Laurent à la rivière Trois-Pistoles jusqu’au Sept-Lacs et la rivière Ashberish jusqu’au lac Témiscouata pour arriver au fleuve Saint-Jean.
2. Pour le second passage, du fleuve Saint-Laurent à la rivière Bouabouscache jusqu’au lac Saint-Jean, puis à la rivière et au lac des Aigles, la rivière Touladi, le lac Témiscouata et le fleuve Saint-Jean.
Références historiques
3. Lettre de M. Pierre Lafrance au sous-ministre au Département des Terres et Forêts, M. Elz. Mivile Dechêne.
4. Nive Voisine, La revue du Bas St-Laurent, décembre 1976, et Adrien Caron, Les routes du Haut Saint-Jean entre le Canada et l’Acadie, 1968, p. 15.
Remerciements
Les textes contenus dans cette section sont une gracieuseté de Madame Sylvie Michaud. La municipalité tient à remercier Madame Michaud pour sa précieuse collaboration.